Rencontres avec…  

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ALEXANDRE OUZOUNOFF : PARRAIN DE FESTYVOCAL

Nous avons eu le plaisir de partager le dernier week-end de la 3ème édition de FestyVocal avec Alexandre Ouzounoff qui est devenu notre parrain cette année, succédant à Daniel Kawka.

 

RENCONTRE AVEC FESTYVOCAL

C’est lors de l’édition 2018 qu’il a découvert la biennale de musique vocale contemporaine. L’Ensemble Orchestral Contemporain a créé une de ses compositions instrumentales et il a assisté à ce concert. C’est alors qu’il a accepté de devenir le parrain du festival qui offre une place centrale à la création actuelle dans un espace contraignant mais inspirant du fait même de ses contraintes. Cette année il a assisté à 2 concerts dans l’église et il envisage une composition pour l’édition 2023.

 

 

 

 

 

UN PARRAIN CONSEILLER

Alexandre Ouzounoff vit en Normandie, il ne lui est donc pas toujours facile d’être présent physiquement. Mais il peut assurer le rôle d’accompagnement, de conseil qui, pour lui, constitue la mission du parrain. « L’avantage c’est que je ne suis pas responsable, je ne décide pas. Je peux donc échanger librement avec Geneviève sur la vie du festival, ses orientations, son futur. Je peux faire profiter le festival de mon expérience. Un parrain n’a aucun intérêt et par conséquent aucun scrupule, et cette liberté est bénéfique au festival. » A l’issue du concert de Poulenc il a remarqué l’importance des placements et déplacements dans cet espace « Les contraintes acoustiques du lieu obligent à réfléchir en amont. On est amené à faire un plan graphique pour concevoir le concert. »

 

DES PROJETS

La pandémie et le confinement ont annulé des créations. En revanche Ils ont permis à Alexandre Ouzounoff d’envisager une autre façon de travailler : « Les musiciens n’avaient plus de nouvelles pièces pour s’entraîner. J’ai composé des pièces instrumentales, pour 4 altos, 3 harpes… Les musiciens pouvaient s’enregistrer et rejouer dessus, ce qui donnait l’impression de jouer à plusieurs.

Certaines créations ont pu voir le jour toutefois, lors du Festival Harpes en Avesnois, il avait composé un trio pour violon, harpe et accordéon. Il a fait une création pour 3 harpes également, et une de ses compositions a été créée à Taïwan pendant le confinement en France. Il est en train de préparer une création pour saxo et percussions. Enfin il commence à réfléchir à la création qu’il pourrait faire pour FestyVocal 2023.

 

Pour en savoir plus et découvrir certaines pièces : www.alexandreouzounoff.com

 

 

 

YANNICK BERNE

UN CHEF DE CHŒUR DANS LES AFFRES DE LA PREPARATION

Yannick Berne est ténor dans les chœurs de l’opéra de Saint-Etienne et de Lyon. Mais il est aussi chef de 2 chœurs appréciés et connus dans la région stéphanoise et au-delà : Symphonia et Sinfonietta.

Depuis le début de l’aventure de FestyVocal, Yannick Berne soutient le festival, mais cette année il est particulièrement engagé, les 2 chœurs qu’il dirige assurant les concerts 4 et 6 de la programmation avec 2 challenges importants : une création et l’interprétation des œuvres de Poulenc a cappella.

 

FestyVocal : Avec les difficultés liées à la pandémie, la préparation aux concerts a subi de nombreux aléas. Pas trop de pression pour le mois de novembre ?

Avec Sinfonietta, nous travaillons l’œuvre de Poulenc a cappella. C’est un compositeur que nous connaissons, nous en avons déjà interprété et nous avons commencé longtemps en amont, dès avril 2020. Le problème c’est que nous devions assurer le concert avec le NLCC et nous nous étions réparti les œuvres puisque nous partions sur une intégrale avec une soirée construite en triptyque. Malheureusement le Chœur Londonien ne pourra pas venir et nous assurons seuls la soirée sur un format plus classique de concert unique. Il n’y a pas de changement pour le répertoire attribué à Sinfonietta, mais le format est différent et tout repose sur nous ; c’est un projet ambitieux.

En plus il nous a été difficile de répéter pendant les confinements, mais nous avons pu maintenir le travail par petits groupes. Maintenant on se retrouve tous et le travail est bien sur les rails. On est confiant, la préparation avance bien.

 

FestyVocal : Avec Symphonia, vous montez une création.

Symphonia, c’est une autre problématique… Nous n’avons pu démarrer le projet « Fusion » composé par Camille Van Lunen, que fin août. En plus le groupe a été fortement affecté par le COVID et il faut mener en parallèle une reconstruction de l’ensemble. Il faut retrouver un rythme, le plaisir de chanter. On a une petite baisse d’effectif mais ça se passe plutôt bien même si la musique contemporaine n’est pas le répertoire traditionnel de Symphonia. L’ensemble s’y était initié en 2019 avec la reprise de la pièce de Pierre Badol « Télescopes versifiés » créée dans l’édition 2018 de FestyVocal par le chœur du festival. Mais la pièce que nous montons cette année est dans un langage très contemporain. Elle n’est pas très complexe mais les choristes sont encore un peu déstabilisés. Toutefois, ils sont très motivés et s’approprient l’œuvre un peu plus chaque lundi, ils y trouvent du plaisir progressivement. Sans le COVID, tout aurait été plus facile, on aurait préparé la pièce lentement et au milieu d’autres œuvres plus habituelles pour les choristes. Là on est obligé de se consacrer beaucoup à la création et c’est un peu plus compliqué pour moi et pour eux. Heureusement on a aussi de belles pièces du XXème siècle à côté de la création. Mon rôle est de leur faire accepter ce nouveau répertoire, de leur y faire trouver du plaisir et de l’intérêt, mais avec la contrainte du temps c’est plus difficile. Je suis optimiste pour novembre, mais pas serein.

 

FestyVocal : Pour un chef de chœur, est-ce très différent de préparer une création ?

Différent peut-être pas, mais c’est très excitant et intéressant à réaliser. Déjà dans la relation aux choristes, notamment les amateurs. On doit leur apprendre l’autonomie, les amener à entrer dans une œuvre qui est une découverte et dont on doit imaginer le rendu. D’autant plus que ces compositions ont été faites pour l’église St Pierre et notre salle de répétition est aux antipodes sur le plan acoustique. Pour le travail c’est bien, mais on ne verra l’effet véritable qu’en octobre lorsqu’on répétera à l’église. C’est une expérience passionnante de participer à la création, de construire peu à peu, mais cela demande beaucoup de patience et d’écoute et mobilise une énergie énorme. En plus je suis habitué à préparer souvent des choristes pour qu’ils travaillent avec d’autres chefs le jour du concert, mais là c’est moi qui les dirigerai ; je les conduis donc jusqu’au bout et c’est très satisfaisant.

 

FestyVocal : A part FestyVocal quels sont vos autres projets ?

Après la pandémie, c’est une grosse saison qui se dessine. Certes FestyVocal demande une forte mobilisation, mais en octobre il y a Baroque en Forez. J’ai préparé un chœur pour un autre chef et on a eu peu de temps. Mais mon travail est fini désormais. Ils chanteront le 10/10 sous la direction de Florent Meyer. Avec Symphonia nous avons aussi un autre projet laissé en suspens à cause de la pandémie et maintenant de FestyVocal, c’est le Requiem de Brahms. On va le reprendre. Quant à Sinfonietta ils doivent préparer un concert « Mozart au clair de Lune » qui sera donné à Yssingeaux en décembre et à Gouttelas en janvier. Enfin j’ai un projet avec des enfants dans le cadre de l’Education Nationale qui aura lieu à Pommiers. C’est une période très active et très productive qui commence.

 

THOMAS NGUYEN

LE GOÛT DE L’EXPERIMENTATION

Une œuvre de Thomas Nguyen « L’Asile Ami » sera un moment fort du concert d’ouverture interprété par le Chœur du Festival. Ce compositeur, avide de nouvelles expérimentations musicales, connaît bien FestyVocal et son écrin architectural qu’il a découvert lors de l’édition 2018 pour laquelle il a écrit « Tétralogie d’esthétique ». Laissons-le évoquer sa démarche.

« Lors de ma première expérience d’écriture pour FestyVocal je ne connaissais pas l’église Saint-Pierre. J’ai composé une œuvre qui associait un ensemble vocal et un instrument rare, le cristal baschet. Lorsque j’ai assisté à la création de cette pièce, j’ai été fortement impressionné par le lieu et son acoustique étonnante. J’ai vécu une véritable expérience musicale et sonore et j’avais très envie de proposer une nouvelle création en ayant davantage conscience des possibilités de cet espace. J’ai donc concouru à nouveau avec « L’ASILE AMI » et j’ai obtenu le prix de la ville. Et je suis très heureux de pouvoir approfondir ce que j’ai perçu lors de ma 1ère création. »

ZOOM SUR LE TRAVAIL DE COMPOSITION 

Contrairement à l’édition précédente où le texte était imposé, les compositeurs ont pu choisir cette fois les mots qui font écho à leur musique. Thomas Nguyen a été intéressé par le texte de Robert Desnos dont il a conservé le titre pour son œuvre. « Ce qui m’a interpelé, c’est l’ambiguïté sur les sons et le sens, les notes et les mots. Les notes créent des mots mais comment naît un sens de tout ça ? Dans le texte de Desnos, le silence joue un rôle important comme en musique et cela s’intègre parfaitement à la thématique de cette édition Silences épanouis. Comment le sens s’épanouit dans le silence ? Cette recherche est d’autant plus intéressante dans un lieu où l’acoustique donne une perception particulière des sons et des mots. C’est à la fin seulement que le sens apparaît. »

JOUER AVEC LES INSTRUMENTS

Après le Cristal Baschet, c’est à la batterie qu’a souhaité se confronter Thomas Nguyen dans L’Asile Ami, instrument qu’il connaît bien et pour lequel il a déjà écrit. « J’ai considéré que je composais pour 2 instruments complexes. Un chœur comme une batterie sont constitués de plusieurs éléments avec un spectre sonore énorme. Les 2 peuvent émettre des sons à peine perceptibles et atteindre une puissance sonore extraordinaire. C’est ce qui fait leur point commun et c’est ce qui m’a intéressé. J’ai écrit pour le chœur comme si c’était pour une batterie et inversement, j’ai composé une écriture mélodique pour la batterie. Le jeu consiste à faire se confronter les 2 écritures, et pour cela j’ai établi un guidage très précis sur la partition pour les interprètes qui se trouvent là dans une démarche totalement expérimentale. »

OUVRIR LA MUSIQUE A TOUS

Pour Thomas Nguyen, c’est l’ouverture et la découverte qui sont le moteur de sa créativité. A partir d’une formation classique, il est allé explorer d’autres univers musicaux, le rock, la chanson française. Il s’est lancé dès 2008 dans la composition de contes musicaux avec le collectif Io, ensemble artistique pluridisciplinaire.

L’objectif est de rendre la musique accessible à tous, il se lance avec le collectif Io dans la création d’opéras de poche, puis en 2010 avec la troupe de jeunes du collectif il monte des comédies musicales et se lance dans une thématique pour jeune public.

En 2014 il entreprend un voyage sensoriel et musical autour de l’œuvre de Dali avec un quatuor.

Depuis 2018, il est compositeur associé à l’Opéra de Reims. Cette même année il participe à FestyVocal puis en 2019, il écrit un poème musical « Quand tout sera blanc ».

En 2020 il s’associe au quintette Akibra pour créer un conte musical inspiré de l‘œuvre de Ionesco, 4 contes. Cette œuvre sera créée cet été en Alsace lors du festival Le Grand Estival.

Son projet pour 2022-2023 est un opéra sur le thème de l’eau, intitulé Xynthia en collaboration avec les opéras de Reims, Metz et Clermont-Ferrand.

Pour découvrir la diversité de son travail : thomasnguyen-compositeur.com

 

 

PIERRE BADOL

Pierre Badol a participé à l’édition 2018 de FestyVocal en composant « Télescopes Versifiés » pour le chœur d’application qui a ouvert l’édition avec cette pièce. Ce jeune corniste qui, jusque-là n’écrivait que pour les cors, a relevé à cette occasion un véritable défi : composer pour un chœur amateur. Nous revenons avec lui sur cette expérience.

FESTYVOCAL : Comment vous êtes-vous trouvé embarqué dans cette aventure ?

PIERRE BADOL : J’ai eu envie de participer au concours de composition, mais je n’envisageais pas vraiment d’être retenu. J’ai envoyé quelques pièces pour cor puisque c’est pour cet instrument que je compose habituellement. Et lorsque j’ai appris que le festival retenait ma candidature, j’ai vu cela comme un challenge. Composer pour un chœur amateur, avec en plus des contraintes très précises liées au site et au contexte du festival, c’était très intéressant pour moi. Et le fait qu’on ait un cahier des charges très précis, que ce soit quadrillé en quelque sorte, c’était plus confortable pour moi qui n’avait aucune expérience dans ce type de composition. J’étais guidé dans ces premiers pas.

FESTYVOCAL : Et finalement vous avez remporté le 1er prix ! Quelle expérience retirez-vous de cette participation au festival ?

PIERRE BADOL : J’étais très préoccupé par les répétitions. L’édifice est peu commun et impose une contrainte énorme ; en plus je ne suis pas exercé à ce type de musique, d’ordinaire je compose une musique à thème, ici pas possible à cause de la réverbération sonore ; j’ai donc opté pour une musique répétitive, une boucle modale, pour que les éléments ne s’entremêlent pas les uns aux autres. Il fallait que le son ne soit jamais inaudible, même s’il se superposait. Cette contrainte peut paraître difficile, mais elle permet d’explorer d’autres styles, et c’est ça qui est intéressant. Et puis c’est une expérience fabuleuse d’être joué devant un public.

FESTYVOCAL : Cet exercice vous a ouvert des perspectives à explorer ?

PIERRE BADOL : Oui, énormément. Déjà cela m’a donné envie de composer pour d’autres instruments que le cor. Déjà pour FestyVocal il y avait de la harpe avec les cors. J’ai compris la difficulté de s’adapter à d’autres instruments, et je souhaite continuer. Actuellement je compose une petite pièce pour contrebasse avec mon oncle. On est confiné en famille alors on en profite ! Je prépare aussi un concerto de 40 minutes pour tout un orchestre. J’ai envie d’écrire pour des formations différentes et que ce soit des partitions agréables à interpréter. Il faut faire quelque chose de beau, mais il faut aussi qu’on ait plaisir à le jouer. La musique n’est pas faite pour le public seulement, Il est important que chacun ait plaisir à l’interpréter. L’interprète ne peut pas tout faire, le compositeur doit travailler pour lui, pas pour le brider, mais pour lui préparer le travail et le lui rendre agréable.

Pour mieux connaître Pierre Badol

Pierre Badol a obtenu son 1er prix de cor à l’âge de 16 ans, au conservatoire de St Etienne où il a fait sa formation et, à 17 ans, il est récompensé par un prix de musique de chambre.

En 2009 il intègre le Pôle Supérieur au Conservatoire Régional de Paris et travaille avec Vladimir Dubois, super-soliste de l’Opéra de Paris. En 2011, il est reçu au Conservatoire National Supérieur de Musique de Paris et suit la classe d’André Cazalet, cor solo de l’Orchestre de Paris.

A 21 ans il devient cor solo de l’orchestre Lamoureux et dans différentes formations comme l’Ensemble Furians ou le Sinfonia Pop Orchestra. Les grands orchestres nationaux Français et Européens l’invitent régulièrement.

Curieux d’explorer différentes voies musicales, il passe plusieurs concours internationaux et obtient 3 prix en Italie et en France. Il se produit aussi en soliste accompagné de formations prestigieuses comme l’Orchestre Philarmonique de Frioul-Vénétie, le Paris Percussions Group, l’Orchestre de l’Opéra de Cottbus en Allemagne… Il est dédicataire des concertos Corps Distants (J.J.Di Tucci) et Dzong (A. Ouzounoff).

Il souhaite enfin transmettre et depuis 2015 il est membre de l’équipe pédagogique au stage d’été Musique Vivante à Mehun et il est chargé de Master Classes dans plusieurs conservatoires (Versailles, Rambouillet, Bar le Duc…) et lors de festivals comme Eurocuivres, Cuivres en Dombes…

Il est également membre fondateur du Quatuor de cors HORNormes pour lequel il a composé deux quatuors de cors en 3 mouvements et transcrit de nombreuses pièces orchestrales.

LE QUATUOR HORNormes

Composé de 4 jeunes cornistes qui se sont rencontrés au Conservatoire National Supérieur de Musique de Paris, le quatuor HORNormes n’hésite pas à explorer les multiples facettes du répertoire.

Avec ses 3 partenaires, Clément Charpentier-Leroy (soliste de l’orchestre de la Suisse-Romande), Maxime Tomba (cor solo de l’Orchestre des Pays de Savoie), Alexis Crouzil (cor solo de l’Orchestre de Suisse-Romande), Pierre Badol n’a de cesse de transmettre cet enthousiasme qui est le leur, pour la grande musique ; eh oui on peut être « jeune » et « raide-dingue de grande musique ». Concert, radio, animations scolaires tout est bon pour partager cette passion et leur amour du cor qu’ils racontent en musique. Leurs concerts sont enregistrés en vidéo, dont le script est écrit par Pierre, afin de transmettre leur bonne humeur à leurs fans. A retrouver sur leur site www.hornormes.com

 

BRUNO SIBERCHICOT

Bruno Siberchicot est l’auteur de la pièce « Par le mur étoilé » créée par le chœur d’application de FestyVocal, en ouverture de l’édition 2018 placée sous le signe « Espace et Lumière ». Ce physicien, docteur en sciences, travaillant dans la recherche à l’Université de Paris est aussi violoniste et altiste depuis son enfance. Il a été attiré par la composition progressivement, une fois devenu adulte, et a produit une grande variété d’œuvres.

LA MUSIQUE AU COEUR DE LA VIE

Né en 1963, il a mené en parallèle des études scientifiques et une formation musicale auprès de Jean-François Bénatar à Paris. Il a intégré le Conservatoire de Chatenay-Malabry et il a décroché en 2003 la bourse Gruner-Schlumberger pour étudier à l’Académie Internationale de Villecroze.

Violoniste et altiste, il s’est intéressé à la composition et a travaillé pour divers ensembles comme le Quintette de Bretagne (instruments à vent), l’ensemble Trielen (trio d’anches) et des solistes. Il a en effet composé pour la pianiste Laurence Rigaut (Within and Without en 2014 et Darks in Red en 2017) et la flûtiste Idelette Besson (Assaggio créé en 2018). Convolutions, une pièce pour clarinette a été créé en 2019 lors d’un concert hommage à Maurice Ohana.

Extrait de « Assaggio »

Il est aussi présent à l’étranger, il a composé une pièce pour hautbois créée en 2007 à Amsterdam dans le cadre du festival Gaudeamus puis reprise à Paris. Une pièce pour basson a été créée en 2009 à San Francisco.

Enfin la musique vocale l’intéresse aussi avec la composition d’un opéra de poche, Il Panettone, pour le duo Simolka-Wohlhauser et d’une pièce pour le chœur de chambre Vocalidas à partir du poème Les Horloges en 2014. Puis il a composé Par le Mur étoilé pour FestyVocal en 2018.

DES PROJETS EN ATTENTE

La pandémie a interrompu son activité en 2020. Une symphonie pour 5 violes aurait dû être créée en avril par l’Ensemble Velado. Mais cela n’empêche pas de travailler, il écrit actuellement pour un quatuor à cordes et a un projet pédagogique pour clarinettes avec le Conservatoire qui devrait voir le jour à la fin de l’année scolaire.

Pour découvrir ses créations on peut écouter 5 pièces enregistrées sur CD chez Chanteloup-Musique. Il est secrétaire de l’association Les amis de Maurice Ohana et président de « Résonances croisées », association dédiée à l’organisation de concerts de musique contemporaine.

Extraits divers:

« Souffleur »

 » Horloges »

« Changing »

« Duetto »

 

FESTYVOCAL, UN COUP DE POUCE A LA CRÉATION

La participation à FestyVocal a été une expérience intéressante pour Bruno Siberchicot. Il s’en souvient en ces termes : 

« Déjà l’accueil a été chaleureux et fort sympathique. J’ai pu assister à quelques répétitions avant le concert et cela c’est très intéressant. On voit évoluer la création, on y participe et surtout la composition est interprétée ce qui ouvre d’autres perspectives. »

Mais ce qui, aux yeux de Bruno, rend le festival très important, c’est qu’il offre la possibilité aux compositeurs de musique vocale actuels de voir leurs œuvres créées : 

« Quand on n’est pas dans les circuits officiels, c’est très difficile de créer aujourd’hui ; on a du mal à faire jouer de la musique contemporaine hors réseaux et c’est essentiel qu’il y ait des associations indépendantes des systèmes, des institutions, des académies pour la faire vivre. FestyVocal joue un véritable rôle pour aider la création musicale »

En plus le festival se tient dans un site particulièrement propice à éveiller la création :

« L’église Saint-Pierre et l’ensemble du site Le Corbusier offrent des perspectives sonores à explorer. Il y a beaucoup à faire tant sur les jeux de lumière que sur les jeux avec les sons et les espaces, de quoi éveiller la créativité. C’est pourquoi il faut inviter les compositeurs retenus à l’issue du concours, à découvrir les lieux et à rencontrer le chœur en amont, pour affiner l’écriture. Si j’ai un regret, c’est que je connaissais mal le niveau du chœur, d’où l’importance d’assister aux répétitions pour adapter l’écriture. Cette collaboration entre compositeur et chœur est indispensable, d’autant plus dans un site comme celui-ci ». 

 

 

PASCAL  DESCAMPS

C’est une création de Pascal Descamps qui a marqué le lancement de FestyVocal en 2016. Ami de Geneviève Dumas, il n’a pas hésité à s’engager dans cette aventure musicale et humaine , partageant son enthousiasme pour l’acoustique exceptionnelle de l’église St Pierre-Le Corbusier et la composition pour Chœurs amateurs.

« J’ai adoré écrire ça »  

C’est en ces termes qu’il se souvient de sa participation à ce challenge. « La réverbération énorme du lieu m’a conduit à composer des pièces assez lentes, 3 au total, avec une liberté totale du choix de style musical » Pascal Descamps appartient à cette nouvelle génération de musiciens contemporains qui ont dépassé les explorations de la musique atonale, et se libèrent de ce carcan. « La musique contemporaine, c’est aussi l’harmonie; une oeuvre d’art réussie est accessible émotionnellement à tous ». Elle prend appui sur les créations passées pour créer une nouvelle modernité qui s’enrichit de multiples influences. Pascal Descamps compose aussi bien de la musique sacrée, classique (messes, requiem, Ave Maria…) que des comédies musicales (Marvin) ou des chansons. Il s’affranchit des catégories étanches, des spécialisations qui séparent la création musicale entre musique populaire et musique savante, réservée aux initiés.

Cette orientation s’inscrit parfaitement dans l’esprit de FestyVocal qui cherche à rendre la musique contemporaine accessible à tous. La poésie est un autre vecteur d’émotions et de transmission. Pascal Descamps est passionné d’astronomie et il s’est appuyé sur la symbolique des étoiles pour construire son oeuvre avec la métaphore de l’étoile filante. Il avait la liberté de choisir ses textes, il a trouvé par hasard un texte d’une auteure américaine « Falling Star », il l’a complété d’ un extrait du Poème de l’Angle Droit de Le Corbusier aux accents un peu merveilleux, et d’extraits du premier ouvrage d’astronomie connu, écrit par Ptolémée, l’ensemble étant structuré autour de la dynamique des étoiles.

« J’ai vécu une expérience au cœur de la création »

Ce qui a beaucoup intéressé Pascal Descamps c’est aussi de vivre en direct l’interprétation de son oeuvre. « J’ai pu faire travailler les pièces par le double chœur et c’est très enrichissant quand on crée un morceau » De plus il s’agissait d’un chœur amateur, donc la transmission est d’autant plus importante. Pascal Descamps est lui-même choriste et pianiste et il a savouré ces échanges et l’implication et la générosité du chœur qui cherchait à faire le mieux possible. « Le résultat est très réussi, même si tout n’est pas tout à fait comme je l’avais imaginé. C’est cela l’intérêt de vivre la création d’une composition ». Et le compositeur a de quoi être content de la réussite de cette aventure: Les Poèmes étoilés sont devenus maintenant un CD qui est sorti en automne 2019. Sur cette version l’oeuvre est interprétée avec un orchestre à cordes qui soutenait les voix, elle a été interprétée à l’Eglise de Saint Priest en Jarez. Le Chœur Symphonia a également mis cette oeuvre à son répertoire et les pièces continuent à vivre ensemble ou séparément interprétées par Chœur Ondaine notamment.

 

ACTUALITE  D’UN COMPOSITEUR PASSIONNE

Après la belle aventure des Poèmes Etoilés, Pascal Descamps a poursuivi ses expérimentations musicales et a réalisé un CD de chansons, puis un CD avec le Requiem qu’il a composé et qui a été interprété à l’Opéra de St Etienne en Octobre 2019.

Extrait de Poèmes Etoilés: « Espace Insaisi »

Il travaille depuis 12 ans avec l’Opéra de St Etienne, en tant que choriste, ce qui lui apporte des émotions supplémentaires. Comme tous les artistes il a subi les conséquences du confinement et n’a pas pu interpréter la dernière oeuvre prévue dans la saison symphonique, un concerto pour orgue de Poulenc, créé à Paris en 2014.

Mais l’envie de créer et de relever de nouveaux défis musicaux ne s’éteint pas. Son nouveau projet devrait prendre la forme d’une fresque lyrique à partir de l’Odyssée d’Homère, centrée sur la portée symbolique du fils recherchant son père. Là encore les chœurs auront une place de choix, mais utilisés différemment, de façon plus romantique et à la manière des chœurs des tragédies grecques. « C’est un travail passionnant, et cette fois c’est moi qui écris le texte en adaptant les passages » précise-t-il.

D’autres projets le passionnent, une nouvelle production de Starmania avec de jeunes talents prévue en novembre 2021 où il sera pianiste accompagnateur. Et puis d’autres idées de comédie musicale.

La créativité de Pascal Descamps et son enthousiasme restent intacts. Il a donné à FestyVocal l’élan de départ, à nous maintenant de nous montrer à la hauteur de cet augure.